Une « boîte à bébé » bientôt disponible à Bruxelles ?

Auteur / Source : Publié le : Thématique : Droits et libertés / Filiation Actualités Temps de lecture : 1 min.

 Imprimer

Après 3 ans de litige, l'interdiction d'une « boîte à bébé » émise par le bourgemestre d'Evere a finalement été levée par le Conseil d'État . En septembre 2017, l'ASBL Corvia était sur le point d'ouvrir un nouveau centre d'accueil pour les nourrissons abandonnés. Une boîte à bébé existe déjà à Anvers depuis une vingtaine d'années. Elle consiste en une sorte de couffin accessible depuis la rue, dans lequel la maman qui n'a pas les moyens de garder son enfant, peut le déposer de façon anonyme. Une fois la porte de la boîte à bébé fermée, une personne de garde dans le centre d'accueil est immédiatement alertée pour prendre soin du nourrisson. Si la maman revient sur sa décision d'abandon, elle peut venir rechercher son bébé dans les six mois. 

La mesure d'interdiction s'appuyait sur des raisons de santé et de sécurité pour les bébés qui seraient déposés dans cette boîte, ainsi que sur l'incompatibilité du système avec l'interdiction pénale d'abandonner son enfant. Mais c'est pour une raison purement formelle que le Conseil d'État a annulé la décision de la ville. Selon l'instance, la ville d'Evere a méconnu l'obligation d'entendre l'asbl Corvia avant de prendre une décision aussi radicale. 

Les responsables de l'asbl Corvia et le nouveau bourgemestre everois Ridouane Chahid (PS) – qui n'est pas opposé à au projet - vont désormais s'entretenir pour « trouver un moyen légal » de rendre ce projet réalisable. 

Si la présence de « boîtes à bébé » peut permettre à certaines femmes qui ne souhaitent pas garder leur enfant, d'éviter l'avortement, ce système pose néanmoins plusieurs questions éthiques. Comment s'assurer du consentement de la mère, si c'est son mari ou l'un de ses proches qui dépose le bébé dans la boîte ? Qu'en est-il du droit de l'enfant à connaître ses origines ?  

Entre le don de l'enfant à l'adoption et l'accouchement clandestin suivi d'abandon, ne faudrait-il pas autoriser ce qu'on appelle l'accouchement dans la discrétion ? Un tel cadre légal, qui n'existe pas en Belgique pour l'instant, permettrait à la femme d'accoucher dans de bonnes conditions, sans apparaître sur le certificat de naissance de l'enfant, mais avec la possibilité pour l'enfant, à partir d'un certain âge, d'avoir accès à l'identité de sa mère. Des propositions de loi ont été déposées dans ce sens en 2014, mais n'ont jamais abouti. (Voir Bulletin de l'IEB

 

Pour aller plus loin :  

- Fiche didactique sur l'accouchement sous X

- Dossier sur l'accouchement sous X

- Dossier sur le droit de connaître ses origines


Articles similaires

Exposition BIRTH DAY  à  Bruxelles

Exposition BIRTH DAY à Bruxelles

- Grossesse

Pourquoi, aujourd'hui, mettons-nous des enfants au monde ? L'artiste Lieve Blancquaert tente de répondre à cette question fondamentale au travers de ses photographies de naissances, fruit d'un travail de deux années durant lesquelles elle a sillonné les quatre coins de la planète. Convaincue que le lieu de naissance est déterminant dans la vie d'un être humain, l'artiste a côtoyé pauvres et riches, dans des pays de cultures et religions différentes, en s'intéressant aux rituels et coutumes qui...

Lire la suite

Clinique St Luc (Bruxelles) : banque de cellules souches adipeuses

- Génétique

La Banque de cellules souches adipeuses de Saint-Luc propose l'autotransplantation aux patients atteints de non-consolidation osseuse (post-traumatique, après exérèse d'une tumeur) ou plaies après radiothérapie. Cette technique consiste à prélever de la graisse sur le patient puis d'en extraire des cellules souches (adultes) qui permettront de reconstruire les os et de guérir les plaies. Six patients à ce jour ont déjà bénéficié d'une autogreffe de cellules souches adipeuses. Ce programme est ...

Lire la suite

Belgique  et Suisse : nouveau-nés déposés dans des « boîtes à bébés »

Belgique et Suisse : nouveau-nés déposés dans des « boîtes à bébés »

- Grossesse

En décembre dernier, un nouveau-né belge, qui a reçu le prénom de Jules, a été déposé dans la boîte à bébés installée par l' ASBL Moeders voor Moeders à Borgerhout (Anvers). Il s'agit du cinquième nourrisson ainsi confié dans l'anonymat à l'association depuis sa création en 2000. Le président du CPAS d'Anvers a précisé que Jules a été confié à une famille d'accueil. Presque simultanément, en Suisse, un nourrisson a aussi pu être recueilli dans la fenêtre à bébé de l'hôpital d'Einsiedeln dans l...

Lire la suite