La Lituanie déclare la GPA contraire à la dignité des femmes et des enfants

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Gestation pour autrui

Actualités

Publié le : 22/07/2020

Auteur / Source : C. de la Hougue, Figaro Vox (20/7/2020)

Le Parlement lituanien a adopté le 25 juin 2020 par une très large majorité (54 contre 4, avec 3 abstentions), une « Résolution condamnant toute forme de gestation par autrui ». Le texte a été soutenu par des députés de plusieurs partis, notamment les chrétiens-démocrates, les écologistes et les socio-démocrates. Le Parlement y invite le Président et le gouvernement lituaniens non seulement à condamner dans le pays toute forme de gestation par autrui (GPA), mais aussi à agir auprès du Conseil de l'Europe et de l'Union européenne “pour que cette pratique soit interdite en tant que forme de traite des femmes et des enfants”.

 

Constatant que la pratique est contraire à de nombreux traités internationaux, le Parlement lituanien observe que l'autorisation de la GPA “ne fait qu'encourager le tourisme reproductif et l'exploitation des femmes dans les pays pauvres”. Qu'elle soit ouvertement commerciale ou d'apparence altruiste, la gestation par autrui “constitue une forme moderne d'esclavage et de traite des personnes et ne saurait être justifiée ni sur le plan juridique ni sur le plan éthique”. En outre, la résolution préconise qu'au niveau de l'Organisation des Nations Unies, la GPA soit reconnue comme une pratique de vente d'enfants, et que soit intégré à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes “l'obligation de prendre toutes les mesures pour interdire cette pratique”.

 

Rappelons que le sujet de la GPA fait l'objet d'une concertation internationale dans le cadre de la Conférence de La Haye depuis 2011. Inspiré d'une toute autre dynamique que celle du parlement lituanien, un groupe d'experts s'attache à élaborer « un mécanisme permettant de répondre de manière pratique aux filiations bancales résultant de conventions de maternité de substitution à caractère international ». Dans son dernier rapport de mars 2019, le Groupe annonce un protocole qui établira un cadre « pour la reconnaissance de la filiation établie dans le cas des GPA », dans le respect des « diverses approches de la maternité de substitution au niveau mondial »… tout en se défendant d' « approuver » d'une quelconque manière la gestation pour autrui…(Voir article IEB “GPA : des espoirs nationaux confortés par la Conférence de La Haye“)


L'exemple lituanien sera-t-il suivi par d'autres pays ? Face aux dérives criantes de la pratique (exploitation de femmes pauvres, isolement des bébés issus de GPA pendant la crise du Coronavirus), un véritable clivage semble se créer entre les pays se lançant dans un “encadrement légal” de la pratique moyennant certaines limitations, et ceux la rejetant sous toutes ses formes.  


Articles similaires

L’ONU cherche à rendre compatible la GPA avec l’interdiction de la vente d’enfants

L’ONU cherche à rendre compatible la GPA avec l’interdiction de la vente d’enfants

- Gestation pour autrui

Les 5 et 6 mars 2018, le Conseil des droits de l'homme* (de l'ONU) s'est réuni à Genève en vue de débats consacrés notamment aux droits des enfants face à certaines pratiques.

Grégor Puppinck, docteur en droit et Directeur du Centre Européen pour le Droit et la Justice (ECLJ), y est intervenu lors du dialogue interactif avec la Rapporteuse spéciale de l'ONU sur la vente d'enfants. Il souligne les violations croissantes des droits des enfants, dès avant leur naissance, dans le cadre de la gest...

Lire la suite

Belgique : les associations de femmes réaffirment leur ferme opposition à la pratique de la GPA

Belgique : les associations de femmes réaffirment leur ferme opposition à la pratique de la GPA

- Gestation pour autrui

Ce mardi 19 janvier 2016, l'Université des femmes s'est réunie à Bruxelles pour une journée d'études sur le thème « Mères porteuses et GPA, faits et effets ». Tout au long de la journée, différents experts se sont succédé afin de cerner les enjeux de cette problématique. 

La matinée a permis de faire la lumière sur la pratique concrète des mères porteuses en Belgique et dans le monde. Médecins et sages-femmes ont ainsi pu expliquer l'impact non négligeable que représentent les procédures de P...

Lire la suite

Des entreprises américaines de vente d’enfants s’invitent pour la cinquième fois à Bruxelles

Des entreprises américaines de vente d’enfants s’invitent pour la cinquième fois à Bruxelles

- Gestation pour autrui

A Bruxelles, les 21 et 22 septembre prochains, des entreprises américaines et canadiennes proposeront sur catalogue un éventail de femmes qui acceptent de porter un enfant contre rémunération pour le remettre ensuite aux commanditaires à la naissance. Des adultes belges et étrangers verront ainsi s'offrir la possibilité de commander la gestation et la délivrance d'un enfant pour un prix situé entre 80.000 et 150.000 euros. C'est la cinquième année de suite que ces organisations promeuvent en ...

Lire la suite