Belgique : les associations de femmes réaffirment leur ferme opposition à la pratique de la GPA

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Gestation pour autrui

Actualités

Publié le : 20/01/2016

Ce mardi 19 janvier 2016, l'Université des femmes s'est réunie à Bruxelles pour une journée d'études sur le thème « Mères porteuses et GPA, faits et effets ». Tout au long de la journée, différents experts se sont succédé afin de cerner les enjeux de cette problématique. 

La matinée a permis de faire la lumière sur la pratique concrète des mères porteuses en Belgique et dans le monde. Médecins et sages-femmes ont ainsi pu expliquer l'impact non négligeable que représentent les procédures de PMA et/ou de don d'ovocytes sur la vie et la santé des femmes.

Les arguments se sont multipliés démontrant que la GPA, même librement consentie de façon « altruiste », enferme la femme dans une fonction purement procréative la réduisant à une « machine à grossesse ». Cette pratique ne fait que renforcer les inégalités homme/femme, pays riches (en quête d'enfants)/pays pauvres (dont viennent les mères porteuses).
L'accent a également été mis sur les risques que représente la GPA pour les enfants. Si nous n'avons pas de recul sur les enfants issus de mères porteuses, les études portant sur l'adoption montrent que les enfants coupés de leurs parents ont une tendance beaucoup plus forte à présenter des troubles de comportement et des troubles identitaires. Alors que le but de l'adoption est bel et bien altruiste, la GPA vient créer volontairement un abandon de l'enfant.

Pour une des intervenantes, Marie-Anne Frison Roche, Professeur de Droit économique à l'Institut d'études politiques de Paris, la GPA ne représente ni plus ni moins qu'un retour à l'esclavage. Selon cette spécialiste en droit des transactions financières, « la GPA n'est qu'une affaire d'argent ». Les véritables acteurs de ce « marché des femmes et des enfants » sont les entreprises géantes qui promeuvent et encouragent ce processus. Et légaliser la GPA établirait la femme et l'enfant comme des choses dont on pourrait disposer. La GPA constitue ainsi la première marche vers le marché de l'humain.

L'après-midi était réservée à deux tables-rondes réunissant d'une part diverses représentantes d'associations féministes, et d'autre part des représentants des partis PTB, CD&V, Ecolo, PS, CdH, et MR. A l'exception du cdH, tous les partis représentés se sont positionnés en faveur de la légalisation de la GPA dite « altruiste », notion par ailleurs fortement été remise en cause par nombre d'intervenants. Alors qu'un rapport de 400 pages a été présenté récemment au Sénat belge, sans consultation des associations féministes, ces dernières s'inquiètent aujourd'hui qu'un processus législatif soit engagé trop rapidement sans réel débat. 


Articles similaires

Belgique : interdire le tourisme procréatif et la GPA aux Français

Belgique : interdire le tourisme procréatif et la GPA aux Français

- Gestation pour autrui

En France, le recours aux mères porteuses est interdit et sévèrement puni. Il arrive toutefois que des couples français hétérosexuels ou homosexuels profitent de l'accueil de certains hôpitaux en Belgique, faisant appel aux praticiens belges pour braver l'interdit français et forcer ensuite l'Etat français à reconnaître un enfant né par GPA à l'étranger. On estime que la moitié des GPA réalisées en Belgique a pour commanditaires des Français.
Ce phénomène de contournement de la loi française e...

Lire la suite

Belgique : salon de promotion de la GPA commerciale à Bruxelles

Belgique : salon de promotion de la GPA commerciale à Bruxelles

- Gestation pour autrui

Ce dimanche 3 mai, un consortium américain, « Men Having Babies » (MHB) a organisé un salon de promotion de la Gestation Pour Autrui (GPA) en plein coeur de Bruxelles.
Ce salon donnait la parole à une dizaine de spécialistes et de témoins, dont l'objectif était de présenter les différentes phases du processus de la GPA commerciale, soulignant notamment les « ficelles » qui permettent de faire des économies. La brochure remise aux participants affichait en toute transparence les coûts moyens de...

Lire la suite

Grèce : explosion des pratiques de mères porteuses

Grèce : explosion des pratiques de mères porteuses

- Gestation pour autrui

La Grèce est le troisième pays européen à avoir autorisé la gestation pour autrui (GPA) en 2014, après le Royaume-Uni et la Roumanie. Depuis lors, la pratique des mères porteuses est en pleine expansion, attirant de nombreux couples de tous les pays. Une émission de BFM TV révèle le développement exponentiel des mères porteuses en Grèce « nouvel eldorado de la GPA. »
A l'heure actuelle, une dizaine de cliniques se sont déjà spécialisées dans le domaine. De la fécondation in vitro dans le sein ...

Lire la suite