Alerte : le PS dépose une proposition de loi pour faire de l’avortement un « acte médical » comme les autres

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Avortement

Actualités - Belgique Belgique

Publié le : 04/09/2019

Une nouvelle proposition de loi pour « assouplir » les conditions d'accès à l'avortement a été déposée à la veille du congé parlementaire, en juillet dernier, par le Parti socialiste. Le PS affiche décidément un programme chargé en bioéthique, avec ses deux autres propositions de loi touchant à la liberté de conscience et institutionnelle en matière d'euthanasie. (Voir Bulletin précédent)

Non contents de la sortie de l'avortement du Code pénal en octobre 2018, les députés socialistes estiment aujourd'hui « indispensable de continuer le combat pour une véritable dépénalisation de l'avortement », entendez pour la suppression de toute sanction pénale entourant les conditions restantes pour avorter. Leur objectif : que l'avortement soit désormais considéré uniquement comme un « acte médical », au même titre que les interventions thérapeutiques. En effet, la présence de sanctions pénales pour faire respecter une condition comme le délai pour avorter, distingue clairement l'avortement des actes médicaux. Ceux-ci, puisqu'ils ont une visée thérapeutique, ne sont pas assortis de conditions strictes qui limitent leur pratique. A noter que si l'avortement est considéré comme un acte médical, l'objection de conscience à son égard par les soignants ne serait plus justifiée.

Ce n'est pas tout : la proposition vise également à faire passer le délai légal pour avorter de 12 à 18 semaines de grossesse (l'avortement en cas de maladie chez le foetus ou la mère reste quant à lui possible jusqu'à la naissance). Le délai de réflexion entre la demande d'avortement et l'intervention passerait de 6 jours à 48h. Enfin, les femmes se posant la question de l'avortement ne seraient plus obligatoirement informées sur la possibilité de l'adoption, ni sur les aides disponibles pour les soutenir dans leur grossesse et « résoudre les problèmes psychologiques et sociaux posés par [leur] situation ». (Voir par ex. le site www.jesuisenceinte.be)

Outre le fait qu'un tel assouplissement des conditions pour avorter (jusqu'à 18 semaines de grossesse et avec très court délai de réflexion) provoquerait une augmentation du nombre d'avortements en Belgique, cette proposition de loi témoigne surtout d'un délaissement des femmes enceintes en difficultés, pour lesquelles envisager l'avortement est souvent un appel à l'aide. Il serait néfaste, pour elles et pour leur entourage, de leur refuser l'information systématique sur les alternatives à l'avortement. Celles-ci leur permettraient d'être accompagnées psychologiquement, financièrement et socialement, tout en donnant naissance à leur enfant.

Le grand absent du texte et de la motivation de la proposition, c'est l'enfant à naître dont il n'est fait aucune mention. En effet, sa présence dans le ventre de sa mère n'intervient nullement dans l'évaluation de ce qui est proposé comme modifications à la loi sur l'avortement.


Articles similaires

Bruxelles: les manifestantes pro-avortement reconnaissent la réalité de l’enfant.

Bruxelles: les manifestantes pro-avortement reconnaissent la réalité de l’enfant.

- Avortement

La Caravane des femmes a déambulé le dimanche 9 septembre à Bruxelles. Les 1.650 manifestantes « exigent qu'une femme enceinte puisse décider en toute liberté de poursuivre ou non sa grossesse », et d'ajouter « La loi doit reconnaître le droit de chaque femme à décider elle-même si elle souhaite ou non avoir des enfants, quand en avoir et avec qui ».

Le visage de l'enfant apparaît donc dans la revendication. Il ne s'agit plus d'un amas de cellules humaines. L'enfant est nommé et rejoint la r...

Lire la suite

Malte résiste et réaffirme son opposition à l'avortement

Malte résiste et réaffirme son opposition à l'avortement

- Avortement

La Présidente nouvellement élue de Malte, Marie Louise Coleiro Préca,  a déclaré qu'en tant que présidente, jamais elle ne signerait une loi légalisant l'avortement. Elle est d'ailleurs soutenue dans son point de vue par Leo Brincat représentant le parti travailliste (gauche) au Conseil de l'Europe . « En ce qui concerne mon parti ... il n'y a pas de « si » ni de « mais » sur cette question. Le Parti travailliste de Malte a toujours été, est et restera contre l'avortement.»
Malte résiste et de...

Lire la suite

Le nombre des interruptions médicales de grossesse est sous-estimé

Le nombre des interruptions médicales de grossesse est sous-estimé

- Avortement

C'est ce qui ressort du dernier Rapport de la Commission d'évaluation.

Quels sont les chiffres officiels?
121 interruptions volontaires de grossesse pratiquées au-delà de 12 semaines en raison d'une affection grave du foetus ont été déclarées en 2010 et 97 en 2011.

Pour la première fois, la Commission d'évaluation souligne que l'analyse des données scientifiques disponibles démontre que ce chiffre est très largement sous-estimé et que le nombre réels des IVG pour raisons médicales serait au ...

Lire la suite