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Des singes « augmentés » grâce à des gènes humains

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[Français] 9 mai 2019

table of content

  •   Des singes « augmentés » grâce à des gènes humains
  •   Il faut libérer la Commission euthanasie de l’emprise politique et idéologique dit Pr. Vanopdenbosch
  •   L’ONU pointe l’exclusion des personnes handicapées au Canada
  •   Explosion du nombre d’euthanasies au Québec
  • Des singes « augmentés » grâce à des gènes humains

    02/05/2019 - Status of the human body - Posthumanism

    Des gènes humains ont été implanté chez 11 embryons de singes rhésus par des chercheurs chinois de l'Institut de zoologie de Kunming (sud-ouest de la Chine) et de l'Académie des sciences chinoise engagés dans un programme de recherche sur la génétique et les fonctionnalités cognitives du cerveau humain.

    Sur les 11 macaques génétiquement modifiés, seuls cinq ont survécu jusqu’à la phase de tests dont les résultats devaient offrir une meilleure compréhension du cerveau humain. Au cours de ces tests, les singes devaient repérer des couleurs et des formes sur écran, alors que leur comportement cérébral était étudié par IRM. D'après les chercheurs, les animaux modifiés ont obtenu de meilleurs résultats aux tests sur la mémoire à court terme, et un meilleur temps de réaction par rapport aux singes « non-modifiés ».

    Cette expérimentation ne manque pas de susciter une nouvelle controverse suite à l'affaire des bébés génétiquement modifiés (Bulletin de l’IEB) et celle du clonage de cinq singes en janvier dernier, même si cela pouvait déboucher sur une meilleure compréhension du cerveau humain et de son développement. La manipulation génétique demeure un sujet très sensible qui nécessite une règlementation explicite, ce qui n’est pas le cas de la législation chinoise.

    La frontière entre les humains et les animaux n’est-elle pas de plus en plus poreuse, puisqu’e des chercheurs en viennent à implanter du matériel humain dans des embryons d’animaux ? Faut-il les laisser  créer des chimères, sous couvert de mieux comprendre l’humain ?

    Sources : NBC news, La Libre.

    Il faut libérer la Commission euthanasie de l’emprise politique et idéologique dit Pr. Vanopdenbosch

    08/05/2019 - End of life

    C’est un appel à réformer la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie (CFCEE), qu’a lancé le Docteur Vanopdenbosch le 29 avril dernier. Invité à intervenir au cours de la journée d’étude « Euthanasie réussie ? Une évaluation critique de la loi et de la commission euthanasie » organisée à la KULeuven, l’ancien membre de la Commission, qui a remis sa démission en février 2018, est revenu sur les motivations de son départ. L’Institut Européen de Bioéthique en livre les points principaux.

    Comme dans sa lettre de démission, ce docteur pourtant partisan de l’euthanasie a pointé du doigt une Commission sous influence politique et idéologique.

    Témoignant de son parcours en tant que membre de la CFCEE, il a mentionné plusieurs disfonctionnements de la Commission. Lors d’une réunion notamment, alors qu’il relevait un manquement aux conditions légales dans un dossier d’euthanasie que la Commission n’avait pourtant pas renvoyé devant le Parquet, il s’était vu répondre par un autre membre (partisan du mouvement défenseur de l’euthanasie Recht op Waardig Sterven) « qu’il n’y avait pas de difficulté avec cela et qu’il pouvait se taire. »

    Il a ensuite fait part de sa perplexité concernant le mode d’élection des membres de la Commission, dont les candidatures doivent être envoyées au Président de la chambre (donc à un membre politique) et non pas au Ministère de la Santé.

    Enfin, il a rappelé que parmi les médecins membres de la Commission, certains pratiquent des euthanasies et « savent comment remplir le document de déclaration pour qu’il soit être validé ». Le risque d’impunité est donc bien réel.

    Face à ces disfonctionnements qui l’ont amené à démissionner, le Docteur Vanopdenbosch maintient que la CFCEE ne devrait pas être une Commission politique. Pour assurer son objectivité et son indépendance, il estime nécessaire qu’elle soit composée de plusieurs citoyens et non pas seulement de médecins qui pratiquent l’euthanasie ou de personnes qui se positionnent comme défenseurs de l’euthanasie.

    Signe du désintérêt à l’égard de l’alerte lancée, sa lettre de démission remise d’abord au Président de la Chambre, puis au Ministre de la Justice et au Ministre de la Santé, n’a pas reçu la moindre réponse depuis maintenant plus d’un an.

    Sources : Journée d’étude du 29 avril 2019 : « Euthanasie réussie ? Une évaluation critique de la loi et de la commission euthanasie », Louvain.

    L’ONU pointe l’exclusion des personnes handicapées au Canada

    30/04/2019 - Bioethics, law and policy

    « Je suis extrêmement préoccupée par l’absence de réponses globales pour garantir l’accès des personnes handicapées au soutien dont elles ont besoin pour vivre de façon autonome dans leur collectivité ». Ce sont là les mots de la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées, dans son rapport sur le Canada remis le 12 avril dernier.

    Alors que 6,2 millions de Canadiens sont porteurs de handicaps (soit un citoyen sur cinq), la Rapporteuse tire la sonnette d’alarme face à un certain nombre de problèmes qu’elle a noté lors à sa visite sur place courant avril.

    Bien que le Canada ait ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), aucune des lois spécifiques aux personnes handicapées « n’est exhaustive ni entièrement conforme à la CDPH ». La Rapporteuse soulève que « [les personnes handicapées ayant un handicap psychosocial ou intellectuel] se voient systématiquement refuser la capacité juridique » et peuvent « être traitées de force sans [leur] consentement libre et éclairé », y compris par « médication forcée et la thérapie électroconvulsive. »

    Plus inquiétante encore est la législation au sujet de la fin de vie. « Il n’y a pas de protocole en place pour démontrer que les personnes handicapées ont reçu des solutions de rechange viables lorsqu’elles sont admissibles à l’aide médicale à mourir ». De plus, d’inquiétantes informations témoignent de « pressions » subies par des personnes handicapées « pour obtenir l’aide médicale à mourir », (des cas ont effectivement été rapportés par des médecins récemment.)

    Le manque de moyens mis en œuvre pour accompagner ces personnes est préoccupant. Il se manifeste notamment par une « surreprésentation des personnes handicapées […] tant dans les prisons que dans le système de justice pour mineurs » et dans « la population des sans-abris ». S’ajoutent à cela des classes séparées pour les enfants handicapés qui reçoivent donc un diplôme différent « ce qui limite leurs chances de s’inscrire à des niveaux supérieurs », et des « disparités en matière de protection sociale entre les provinces et les territoires. »

    La Rapporteuse appelle donc le Canada à mettre en place les conditions prévues par la CDPH pour permettre « l’inclusion sociale et la participation communautaire des personnes handicapées ».

    Sources : Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme

     

    Explosion du nombre d’euthanasies au Québec

    09/05/2019 - End of life

    « La Commission [sur les soins de fin de vie] a dû analyser 10 fois plus « d’aides médicales à mourir » (AMM) (Euthanasies) que ce qui était prévu au départ » a fait savoir la Ministre de la Santé et des Services sociaux québécoise le 3 avril dernier.

    Ce premier Rapport sur la situation sur les soins de fin de vie au Québec couvre la période du 10 décembre 2015 (date d’entrée en vigueur de la loi) au 31 mars 2018.

    Plusieurs points sont à relever.

    Le rapport fait état de 1.632 euthanasies pratiquées, avec des chiffres allant croissant : « en 2017, le nombre d’AMM administrées a augmenté de 73% par rapport à 2016 ». La majorité des personnes euthanasiées étaient âgées d’au moins 60 ans et atteintes d’un cancer. Certaines ont été euthanasiées pour cause de souffrance psychique seulement.

    4% des euthanasies analysées ne répondaient pas aux exigences de la loi. Par ailleurs, « la Commission a constaté qu’elle n’avait pas reçu tous les formulaires de déclaration pour les AMM administrées ».

    S’ajoutent à cela « des difficultés importantes […] relatives à l’accès aux soins palliatifs en fin de vie (SPFV) » dues à des « ressources limitées » qui « rendent souvent difficile l’accès à des SPFV de qualité ».

    En mars 2017, l’ancien ministre avait annoncé « l’amorce d’une réflexion sur un élargissement possible de la loi. » D’ailleurs, le rapport d’un Groupe d’experts sur la question de « l’inaptitude et de l’AMM » est attendu pour ce printemps 2019.

    Lire ici le rapport complet

    Sources : www.msss.gouv.qc.ca  - coalitionavenirquebec.org

    Voir aussi "L’aide médicale à mourir (AMM) au Québec : points saillants de la loi au Québec et comparaison avec le droit belge"

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