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Suicide, euthanasie et suicide assisté. Rôle de la loi.

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[Français] 05/02/2009
Auteur / source : Etienne Montero

Le rôle de la loi face aux demandes de mort

 

Prof. Etienne Montero

 

(Communication dans le cadre de la journée d’étude sur le suicide, l’euthanasie et le suicide assisté, à l’invitation du Centre de Prévention du suicide, Bruxelles, le 5 février 2009)

 

 

Les tentatives de suicide et, a fortiori, les suicides consommés, sont perçus, à juste titre, comme un drame et un échec de la société. D’où une politique de prévention du suicide… même si, à en croire un document du Centre de prévention du suicide, cette question paraît largement absente des politiques de santé publique : il y aurait peu de recherche sur le suicide en Belgique, peu de données statistiques et peu d’initiatives de prévention.

 

Plusieurs facteurs expliquent sans doute l’approche politique du suicide.

 

D’abord, il concerne souvent – s’agissant surtout du suicide des jeunes – des personnes globalement en bonne santé (si ce n’est la désespérance dans laquelle elles se trouvent), et dont la vie, pense-t-on, vaut la peine d’être vécue. On ajoutera que le suicide a un coût : il pèse lourd sur notre système de santé publique. Les services médicaux belges accueillent chaque année plus de 20.000 personnes qui ont tenté de se suicider et qui nécessitent une aide médicale et psycho-sociale.

 

Ensuite, l’autonomie des personnes suicidaires apparaît sujette à caution. On pense que leur résolution « d’en finir » ne procède pas d’un choix libre et réfléchi ; loin d’être libre, leur volonté apparaît fortement conditionnée, sinon complètement oblitérée, par la situation de détresse ou de désespoir, voire de dépression, dans laquelle elles se trouvent.

 

Enfin, ce qui heurte profondément dans le suicide, c’est évidemment la violence des méthodes employées et le drame qu’il représente pour l’entourage familial, affectif, professionnel…

 

Ces circonstances conduisent à penser que la décision d’en finir n’est pas la solution adéquate car il y a des alternatives possibles en termes de traitement, d’accompagnement… et la société s’emploie, à juste titre, à prévenir et à enrayer le phénomène du suicide.

 

Mais qu’en est-il de la prise en considération du suicide non au plan politique mais sur le terrain de la politique juridique ?