FR NL EN

Je ne veux pas de cet enfant

PDF disponibleImprimerRecommander
[Français] 28/04/2008
Auteur / source : D. Oriot

Résumé: L’infanticide est une pratique ancienne traduisant la rencontre d’un désir (je ne veux pas de cet enfant) et d’un pouvoir individuel. Il suscite toujours une vive émotion. Mais, la vraie question est celle de la rencontre d’un désir individuel et d’un autre pouvoir - médical en particulier.

En ce sens, l’euthanasie néonatale peut être une conséquence de l’instrumentalisation de la médecine par le désir parental. Le « Je ne veux pas de cet enfant » aboutit à une réification de l’enfant, un transfert de pouvoir entre les parents et le corps médical et une stigmatisation du handicap annoncé. Ce désir parental s’exprime déjà avec force de loi dans les décisions anténatales, avec la recherche de « normalité » comme vecteur. L’influence de notre société « handiphobe » laisse transparaître une vision émotionnelle du handicap, plutôt que fonctionnelle.

De plus, notre démocratie qui inclut une solidarité envers les plus vulnérables, devrait le faire aussi pour les nouveau-nés porteurs de lésions cérébrales. Le moment n’est-il pas venu de mettre en place des soins palliatifs en néonatologie ?

Département de pédiatrie, CHU de Poitiers, rue de la Milétrie, 86000 Poitiers, France 

Summary: I don’t want this child
Infanticide is an ancient practice expressing the meeting of a desire (I do not want this child) and an individual power. It always arouses a deep emotion. But the true question is the one of the meeting of an individual’s desire and another power, i.e. the medical power. In this way, neonatal euthanasia can be a consequence of the instrumentalization of medicine by the parental desire. The ‘‘I do not want this child’’ results in a reification of the child, a transfer of power from the parents to the medical staff and a stigmatization of the forecasted handicap.

This parental desire expresses already itself legally in antenatal decisions with the aim of ‘‘normality’’ as vector. The influence of our ‘‘handiphobic’’ society leaves to show through an emotional vision of the handicap instead of a functional one. Furthermore, our democracy which includes a solidarity towards the most vulnerable people, should also do so for neonates suffering of brain injury. Is it not the time to set up palliative care in neonatology?