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Belgique : l’euthanasie pour maladies psychiques en augmentation

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[Français] 12 juillet 2017

Sommaire

  •   Belgique : l’euthanasie pour maladies psychiques en augmentation
  •   Un hiver démographique s’installe, le monde aura besoin de largement plus de soins palliatifs.
  • Belgique : l’euthanasie pour maladies psychiques en augmentation

    12/07/2017 - Fin de vie

    Le groupe de recherche End-of-Life Care composé de médecins belges et experts a analysé les données recensées par la Commission Fédérale de Contrôle et d’Evaluation de Belgique concernant l’application de la Loi Euthanasie de 2002 et en a récemment publié son analyse dans BMC Psychiatry.

    On y apprend que de 2002 à 2013, 179 euthanasies pour troubles psychiatriques et de démence ont été pratiquées. En 2002, elles représentaient 0.5% du total des euthanasies. La hausse en 2013 est considérable puisqu’elles s’élèvent à 3% en 2013.

    La grande majorité des patients euthanasiés n’étaient pas en toute fin de vie (73% des personnes démentes et 91,6% des personnes dépressives) et pour 20% en moyenne de ces patients, il n’a pas été fait appel à un psychiatre comme l'exige la loi.

    En effet, la loi énonce plusieurs critères pour accéder à l’euthanasie. Celle-ci doit être volontaire et délibérée, répétée et ne pas résulter de pressions extérieures. De plus, la personne doit être dans un état de souffrance physique ou psychologique insupportable sans aucun traitement raisonnable possible ni aucune perspective thérapeutique. En outre, une période d’un mois doit s’écouler entre la demande écrite et l’acte d’euthanasie, pendant laquelle un second médecin indépendant devra être consulté, et même un troisième, souvent un psychiatre, lorsque le patient n’est pas en fin de vie. Or, c’est cette condition qui fait le plus souvent défaut.

    Les experts du End-of-Life Care s’en inquiètent dans la mesure où selon eux, les personnes démentes et les malades psychiatriques sont justement celles qui ont le plus besoin d’accompagnement et pour lesquelles les médecins doivent être vigilants dans le diagnostic de leur maladie. Ils ajoutent que le désir de mourir est un symptôme récurrent chez ces personnes atteintes de tels troubles, et qu’il en va de même chez les personnes âgées ayant perdu leur conjoint, leurs proches et étant affaiblis physiquement, qui sont alors plus enclines à demander l’euthanasie pour cause de dépression.

    Face à ces constats, ils proposent donc de mettre en place, comme aux Pays-Bas, des directives cliniques en la matière pour essayer de traiter au mieux les patients atteints de troubles psychiatriques et répondre de la manière la plus adéquate possible à leurs réels besoins.

    Un hiver démographique s’installe, le monde aura besoin de largement plus de soins palliatifs.

    06/07/2017 - Fin de vie

    D’après un rapport réalisé par la BMC Medicine, environ 75% des personnes en fin de vie devraient bénéficier de soins palliatifs. D’ici 2040, les services de santé britanniques devront faire face à une augmentation de 42% des demandes en soins palliatifs, soit 160.000 patients par an, atteints notamment de démence ou d’un cancer. Cette situation se retrouvera dans beaucoup d’autres pays développés. Mais, ceux-ci ne sont pas préparés à cette « vague grise ».

    C’est pourquoi, les services de santé doivent dès maintenant commencer à s’adapter à l’augmentation du nombre de décès à cause de maladies chroniques liées à l’âge, en se focalisant sur l’intégration et le renforcement des soins palliatifs à travers des services d’aides sociales et de santé. Car même dans certains pays développés, l’accès aux soins palliatifs est limité, puisque seulement 14% des demandes de soins sont assurées. Ainsi, les chercheurs préconisent de déployer une meilleure formation des infirmiers et des médecins spécialisés, de développer la formation en gériatrie des services de santé, et ce, dès maintenant, puique la formation prend au moins neuf ans. Il est urgent de mener une réflexion sérieuse sur les soins procurés aux personnes atteintes de démence.

    Selon le Pr. Irene Higginson; Directrice à la Cicely Saunders Institute, « Il est urgent d’agir maintenant pour transformer les services de santé sociaux et de soins palliatifs afin de faire face à l’augmentation des demandes. Plus d’attention doit être donnée aux besoins des personnes et à leurs proches lorsqu’elles sont atteintes d’une maladie dégénérative, particulièrement celles qui souffrent d’une maladie chronique et complexe et de syndromes liés à l’âge tels que la faiblesse ou la démence. Il est également important de soutenir leurs familles qui leur procurent tant de soins. La manière dont nous fournissons les soins de santé et les soins palliatifs devra changer ».

    Source: Rapport BMC Medicine