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Bulletin de l'IEB - 6 décembre 2011

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[Français] 6 décembre 2011

Sommaire

  •   « Après 10 ans d’euthanasie en Belgique, il est temps de passer à l’étape suivante. »
  •   Banque d’ovules congelés : la Belgique en tête ?
  •   Test de paternité : avis du Pr. Jean-Michel Foidart, médecin spécialiste en gynécologie-obstétrique,
  • « Après 10 ans d’euthanasie en Belgique, il est temps de passer à l’étape suivante. »

    29/11/2011 - Fin de vie

    Dans une lettre au Formateur Elio Di Rupo, Wim Distelmans, président de LEIF* et professeur de médecine palliative à la Vrije Universiteit Brussel, réclame un débat politique et social ouvert sur un affinement et un élargissement de la loi sur l’euthanasie ainsi que sur d’autres décisions concernant la fin de vie. Associé à 8 autres signataires, Wim Distelmans est d’avis qu’il n’est pas tenable de maintenir l’obligation de confirmer tous les cinq ans la déclaration d’euthanasie. Actuellement, la déclaration anticipée entre en application si le patient est dans un état d’inconscience irréversible. Les signataires de la lettre vont plus loin et abordent la question des patients atteints de tumeurs cérébrales avancées ou encore de la maladie d’Alzheimer, auxquels ils voudraient que la loi s’applique également. 

    Tous soulignent aussi, qu’il n’est pas normal que ce soit au patient qui demande l’euthanasie, de chercher un autre médecin si son médecin traitant refuse sa demande. Surtout pour les patients âgés ou gravement malades, ils mettent en avant « l’obligation de renvoi » vers un autre médecin, qui, lui pratiquerait l’euthanasie, sans problème. 

    Enfin, ils attirent aussi l’attention du Formateur sur la notion de « sédation palliative », qui, selon eux,  est encore entourée de beaucoup de flou et qui est pourtant pratiquée dix fois plus que l’euthanasie et deux fois plus en Flandre qu’en Wallonie. Dans ce contexte, ils plaident pour un renforcement du contrôle de cette pratique et pour son enregistrement par une Commission, par analogie à l’euthanasie.
    A noter que le Dr Dominique Lossignol coordinateur francophone du groupe EOL* et chef de service de soins supportifs à l’institut Bordet, rejoint le professeur Distelmans sur de nombreux points, mais déplore le manque de concertation et estime le moment peu opportun pour ce débat politique et social. De plus il ajoute : « (…) Je trouve quelque peu déplacé le fait d’évoquer de façon spécifique, certaines maladies (démence d’Alzheimer, tumeurs cérébrales) comme s’il n’y avait que ces situations qui conduisent à des altérations des fonctions mentales. Qu’en est-il alors de Parkinson, de la maladie de Pick, d’Hallervorden Patz ou encore des métastases cérébrales ? » 

     * LEIF (LevensEinde Informatie Forum)  et son équivalent francophone EOL (End-of-life doctors), sont deux groupes de soutenus par l’ADMD (Association du Droit pour Mourir dans la Dignité) et qui ont pour mission de former les médecins généralistes à la pratique de l’euthanasie. A cette fin, ils ont d’ailleurs reçu un subside de 30000 euros du Ministre de la santé Madame Onkelinx en 2010.  (Voir Bulletin de l'IEB)

     Source : Journal du Médecin, novembre 2011.

    Banque d’ovules congelés : la Belgique en tête ?

    29/11/2011 - Procréation médicalement assistée PMA / GPA

    Créée il y a à peine deux ans, la banque d’ovules congelés du Centre de médecine reproductive de l’UZ Brussel est pleinement opérationnelle, alors que la technique n’en est qu’à ses balbutiements dans les pays voisins comme la France, les Pays-Bas ou l’Allemagne.

    A Bruxelles, en deux ans, les dons d’ovocytes ont déjà permis de « traiter » environ 150 patientes. Le Dr Dominic Stoop explique comment la congélation d’ovocytes permet par exemple que d'un seul et même don, plusieurs ovocytes prélevés de la femme donneuse puissent être répartis vers plusieurs femmes receveuses.  Le temps d’attente est ainsi passé de 1 à 2 ans au début, à 3 à 6 mois aujourd’hui. La donneuse est de la sorte plus libre de faire le don quand elle le souhaite, et ne dépend pas des exigences et du cycle de la receveuse.
    Un autre intérêt de cette banque d’ovocytes congelés est le « social freezing », c’est-à-dire la congélation pour des raisons sociales. «  Il s’agit de femmes entre 30 et 40 ans qui sont célibataires et qui souhaitent concevoir un enfant, mais en étant en couple. Elles font donc congeler leurs ovules qu’elles pourront décongeler plus tard lorsqu’elles auront trouvé l’homme idéal. En quelques sortes, elles achètent ainsi du temps. » explique le Dr Stoop.
    A noter que bon nombre de femmes viennent des Pays-Bas, car jusqu’en avril de cette année, la technique n’y était pas autorisée. Mais des Françaises et des Britanniques sont également venues tenter l’expérience à l’UZ Brussel, qui a réalisé à ce jour 140 congélation à cette fin.
    Ces progrès ont un coût et la technique n’est pas remboursée. «  Elle coûte aujourd’hui 2000 euros pour la congélation,  à quoi il faut ajouter plus de 1000 euros pour les médicaments. Donc cela fait un total de plus de 3000 euros pour un cycle (une tentative), en sachant qu’il faut généralement au moins deux cycles », détaille le Dr Dominic Stoop.

    Source : Le Journal du gynécologue, 2199, 18/11/2011.  

     

     

     

    Test de paternité : avis du Pr. Jean-Michel Foidart, médecin spécialiste en gynécologie-obstétrique,

    29/11/2011 - Début de vie

    Le Bulletin de l'IEB du 29 novembre dernier reprenait l'information de la commercialisation par internet d'un test de paternité.

    Le Pr. Jean-Michel Foidart, médecin spécialiste en gynécologie-obstétrique, s'est exprimé à ce sujet. « Ce genre d’analyses, jusqu’à présent postnatales, avaient été déjà fermement condamnées par le Conseil national de l’Ordre des médecins qui avait rendu un avis très clair dès 2001, avis confirmé en 2009. Il s'agit d’une pratique qui n’est pas orientée vers le patient et qui est donc contraire à la déontologie médicale, l’art du médecin consistant essentiellement à poser un acte diagnostic à des fins thérapeutiques. Ici, il s’agit  d’une exploitation mercantile de la science en vue d’établir ou de contester une filiation génétique. Même si les tests de paternité fleurissent sur la toile, il est également important de rappeler que dans notre pays, à l’instar de la France, ils ne peuvent être réalisés légalement qu’avec l’autorisation d’un magistrat instructeur dans le cadre d’une procédure judiciaire.
    Le médecin n’est pas dans son rôle et n’a pas à se faire le complice de la demande d’une femme qui aurait eu des rapports sexuels avec plusieurs partenaires et qui voudrait faire le tri parmi ceux-ci et décider si, oui ou non, elle poursuit sa grossesse. Je ne vois pas l’intérêt pour l’enfant de ne pas naître si c’est uniquement parce que le père ne convient pas à la mère, et je ne considère pas qu’il s’agisse d’un état de détresse tel que l’envisage la loi (NDLR dépénalisant l'avortement). C’est un choix pour convenance personnelle et non pas médical. En conclusion, j’invite les médecins à se montrer prudents car la réalisation d’une empreinte génétique, n’est pas un geste banal. Il est au contraire chargé de conséquences sociales. Personnellement je n’encouragerai pas une telle pratique.
    » déclare le Pr. Jean-Michel Foidart.

    Source: Journal du Médecin, 12 novembre 2011.