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Pays-Bas : faut-il une nouvelle loi pour le suicide assisté des personnes âgées ?

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[Français] 5 avril 2017

Sommaire

  •   Belgique : structure et évolution des soins palliatifs : nouveau Dossier !
  •   Pays-Bas : autoriser la création d’embryons exclusivement pour la recherche scientifique ?
  •   Pays-Bas : faut-il une nouvelle loi pour le suicide assisté des personnes âgées ?
  • Belgique : structure et évolution des soins palliatifs : nouveau Dossier !

    05/04/2017 - Fin de vie

    La Belgique a la réputation d’avoir une bonne structure de soins palliatifs, plaçant le patient au centre du soin.
    Selon une étude récente qui reprend un classement des pays européens sur la base du développement de leurs soins palliatifs, et la Belgique figure à la seconde place. Cette place est-elle justifiée ?
    Comment l’offre des soins palliatifs est-elle organisée ? Quelles sont les structures accompagnantes sur le terrain mais aussi au niveau politique ?

    Lire le  Dossier : ICI

     

    Pays-Bas : autoriser la création d’embryons exclusivement pour la recherche scientifique ?

    05/04/2017 - Recherche biomédicale

    Créer des embryons au service exclusif de la recherche fondamentale et en vue de développer des techniques d’édition du génome : voilà ce qui vient d’être proposé aux Pays-Bas. Parmi les techniques disponibles, on compte notamment le CRISPR-Cas9, qui implique la modification du code génétique de l'embryon ainsi que de sa descendance.

    Cette demande a été adressée au ministre de la Santé publique, du Bien-être et des Sports (Volksgezondheid, Welzijn en Sport, VWS ) et à la Chambre par le Conseil de la Santé, en accord avec la Commission pour la Modification Génétique (COGEM). Ces derniers soulignent combien la technique du CRISPR-Cas9 est prometteuse et permettra d’intervenir sur l’embryon atteint d'une maladie héréditaire en modifiant le génome de chaque cellule.

    Il est ainsi présenté comme étant urgent que les lois des Pays-Bas soient adaptées et permettent aux chercheurs d’avoir des embryons pour avancer dans ces recherches, tout en « encadrant de façon bien stricte » ces pratiques.
    Actuellement la recherche sur embryons, y compris le transfert de noyau, est permise par la loi, mais uniquement sur des embryons surnuméraires qui ont été congelés et qui, abandonnés à la science, ne font plus l’objet d’un projet parental.
    Ce qui est demandé par le Conseil de la Santé et le COGEM n’est pas seulement de pouvoir disposer d’embryons « frais » pour la recherche, mais aussi de pouvoir réimplanter les embryons modifiés - pour lesquels il y a eu un transfert de noyau - dans l’utérus d’une femme. Cette pratique est actuellement interdite : la loi ne permet pas qu’un embryon modifié soit replacé dans le cadre d’une PMA.

    Rappelant l’interdit du clonage, des scientifiques ont fait entendre leur voix. L’Académie Royale Néerlandaise des Sciences (KNAW) avait d’ailleurs pris position en novembre 2016, arguant qu’il ne fallait pas précipiter les choses car la recherche n’était pas au point et qu’il était nécessaire d’avoir un débat sociétal sur le sujet, les enjeux étant très importants.
    Rappelons qu’en Belgique, la loi de 2003 permet non seulement la recherche sur les embryons surnuméraires mais aussi la création d’embryons uniquement pour la recherche. La loi ne permet toutefois pas (encore) la réimplantation d’embryons génétiquement modifiés.

    Pays-Bas : faut-il une nouvelle loi pour le suicide assisté des personnes âgées ?

    05/04/2017 - Fin de vie

    « Pour des raisons pratiques et aussi de principe, une loi autorisant l’aide au suicide pour les personnes âgées qui souhaitent terminer leur vie, n’est absolument pas souhaitable ». C’est ce qu’affirme en substance le communiqué de la Société royale néerlandaise des médecins (KNMG), qui regroupe plus de 59.000 praticiens aux Pays-Bas.

    Récemment, les deux ministres sortants, de la Santé et de la Justice, avaient communiqué en sens contraire dans une lettre envoyée au Parlement. Ils y suggéraient en effet, que les personnes « qui pensent, après avoir mûrement réfléchi, avoir achevé leur vie, doivent, sous de strictes conditions et selon des critères très précis, être autorisées à finir leur vie d'une manière qui leur semble digne ». Ils proposaient qu’un « assistant à la mort », ayant bénéficié d'une formation médicale spécifique, devrait autoriser la procédure après s’être assuré qu'aucun traitement ne puisse faire disparaître ce « souhait de mort » chez les personnes âgées.

    La KNMG affirme de son côté qu’une telle disposition légale pourrait mener à « l'érosion de la pratique consciencieuse de l'euthanasie » ainsi qu'à « des sentiments d'insécurité auprès des personnes âgées et à la stigmatisation de la vieillesse ».

    Il faut « investir dans des solutions qui répondent au ressenti d'inutilité chez les personnes âgées ». C’est ce que plaident les médecins.

    A l’heure où les différents partis politiques négocient en vue d’une coalition gouvernementale et où cette question de l’euthanasie des personnes âgées fera sans doute partie d’un accord gouvernemental, la position ferme de la KNMG est à prendre en compte.