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450 médecins aux Pays-Bas s’opposent à l’euthanasie de patients atteints de démence

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[Français] 9 février 2017

Sommaire

  •   450 médecins aux Pays-Bas s’opposent à l’euthanasie de patients atteints de démence
  •   Canada : l’impact de l’euthanasie sur le budget des soins de santé
  •   Création d’un fonds européen de promotion de l'avortement ?
  • 450 médecins aux Pays-Bas s’opposent à l’euthanasie de patients atteints de démence

    09/02/2017 - Fin de vie

    Aux Pays-Bas, près de 450 médecins ont signé une pétition demandant d’interdire l’euthanasie de patients déments. Même dans le cas où ces derniers ont rédigé une déclaration anticipée d’euthanasie, il se peut qu’ils ne puissent plus, au moment de l’injection létale, exprimer clairement leur souhait qu’on provoque leur mort, ou qu’ils ne réalisent pas la portée irrémédiable de l’acte du médecin.

    Parmi les initiateurs de cette pétition, le Dr Boudewijn Chabot, spécialiste en gériatrie, qui, avec ses confrères, estime que la personne doit pouvoir clairement confirmer son désir d’être euthanasiée au moment même et qu’il y a des limites que le médecin ne peut franchir face à un patient dément et désorienté.

    Un groupe de 34 médecins avaient déjà fait paraître une opinion en ce sens dans le Volkskrant du 21 janvier dernier. « La culture autour de l’euthanasie est en train de changer », souligne le Dr Schuurmans, l’un des initiateurs de la pétition en ligne.

    « L’impact de la déclaration anticipée est devenu tellement déterminant ! » Selon lui, les médecins sont soumis à de réelles pressions dans une culture où la notion de souffrance intolérable domine et régente la réflexion lors d’une demande d’euthanasie. Or, selon ces médecins, il est essentiel d’obtenir du patient une parole ou un geste, confirmant la volonté expresse de disposer de sa vie.

    Cette forte réaction des médecins survient au moment même où la presse relate l’euthanasie d’une femme de 80 ans atteinte de démence avancée, et que son médecin a endormie à son insu avant de provoquer sa mort par injection létale, en présence de sa famille.

    Avant son affection et lorsqu’elle était consciente, la patiente avait préparé une déclaration anticipée d’euthanasie et avait exprimé oralement ses volontés. Toutefois, par après, cette confirmation n’a plus jamais été émise. Au contraire, elle avait plusieurs fois explicitement affirmé son désir de ne pas mourir.

    C’est donc sur seule décision du médecin que la personne a été euthanasiée dans un état de démence avancé. La RTE (Commission régionale d’évaluation) qui étudie les dossiers d’euthanasie quant à leur conformité à la loi dépénalisant l’euthanasie, admet qu’il y a eu des « irrégularités et que la médecin doit être réprimandée ». Le dossier a été aussi transmis au Tribunal à qui la RTE a demandé de ne pas condamner la praticienne car elle avait agi « de bonne foi ».

    Le dossier est toujours à l’instruction au Parquet.

    Cette affaire est révélée alors que la loi sur l’euthanasie est en passe d’être de nouveau étendue pour autoriser l’euthanasie de toutes les personnes de plus de 75 ans qui jugeraient que leur vie est « complète ».

    Sources: Trouw - The Daily mail, Giulia Crouch (28/01/2017)

    Fiche didactique : Qu'est-ce qu'une Déclaration anticipée ?

    Canada : l’impact de l’euthanasie sur le budget des soins de santé

    09/02/2017 - Fin de vie

    Jusqu’à 139 millions de dollars. C’est l’économie annuelle que pourrait entraîner, pour le budget des soins de santé, la dépénalisation de « l’aide médicale à mourir » (AMM) au Canada.

    Se basant sur les données et le profil de citoyens belges ou hollandais euthanasiés dans leur pays, des chercheurs de l’Université de Calgary ont estimé que, dans les années à venir, de 1 à 4% des décès pourraient être liés à un suicide assisté ou à une euthanasie, soit environ 10.700 Canadiens par an.

    Partant du principe que 80% de ces personnes seraient atteintes d’un cancer et évaluant le nombre de semaines que ces patients euthanasiés ne passeraient pas en soins terminaux, les chercheurs estiment entre 34,7 et 138,8 millions de dollars la réduction des dépenses en soins de santé.

    Les chercheurs se défendent de vouloir inciter les patients à opter pour l’aide médicale à mourir. « Nous ne voulons pas proposer l’aide médicale à mourir comme une simple mesure économique destinée à réduire les coûts », avancent-ils. « A un niveau individuel, ni les patients ni les médecins ne doivent considérer les coûts lorsqu’ils prennent leur propre décision, que ce soit pour demander ou pour effectuer une telle intervention ».

    L’objet de l’étude publiée dans la revue médicale CMAJ, n’en demeure pas moins l’impact financier de l’AMM sur la prise en charge des patients en fin de vie.

    Le monde médical a réagi. Alors qu’aujourd’hui l’euthanasie est de plus en plus présentée comme un droit, qu’en est-il du risque de pressions, même non-explicites, pour pousser des personnes malades à demander l’euthanasie ? Où en sont les promesses du Gouvernement de développer le budget pour les soins palliatifs ?

    En Belgique, le Dr Marc Moens, Président du Comité directeur de l’ABSYM (Association Belge des Syndicats Médicaux), tire lui aussi la sonnette d’alarme dans une opinion parue dans le Artsen Krant : « Depuis août 2016, et à la suite des problèmes budgétaires dans le domaine des soins aux personnes âgées, on commence à débattre d’une politique d’euthanasie motivée par des considérations socio-économiques. » Le Dr Moens, se faisant le porte-parole d’autres confrères, affirme que « bien des médecins, surtout parmi les généralistes, les gériatres et les oncologues, peuvent raconter des histoires fortes sur l’évolution de la perception de l’euthanasie par les citoyens. L’euthanasie est peu à peu considérée comme un droit, qui peut être revendiqué et dont on peut abuser, mais surtout elle devient un devoir pour le médecin à qui la question est posée. »

    Source : National Post – Artsen Krant ("Gelieve tijdig sterven" ) 

    Article en français

     

    Création d’un fonds européen de promotion de l'avortement ?

    09/02/2017 - Début de vie

     

    Le 23 janvier dernier, le Président Trump a signé un décret stipulant que, pour continuer à percevoir l’aide des fonds de l’USAID (l’agence américaine pour le développement international), les ONG devraient désormais s’engager par écrit auprès de l’Administration Trump à cesser toute activité liée à l’avortement dans des pays où celui-ci est interdit. Ce financement, estimé par ces ONG à 600 millions de dollars sur la durée de son mandat, sera désormais consacré, a affirmé le Vice-Président Mike Pence, à une meilleure prise en charge des femmes durant leur grossesse et leur maternité.

    Pour la ministre néerlandaise du Commerce international, de la Coopération et du Développement, Lilianne Ploumen, les organisations précédemment financées par les contribuables américains ne doivent pas subir les conséquences d’un changement de cap.

    C’est pourquoi elle a proposé, avec le soutien de la Belgique et du Danemark, la création d’un fonds soutenu par les européens, soit nationalement, soit via les Fonds des Institutions européennes. Ce fond « préviendra donc les femmes et les filles d’être abandonnées, parce qu’elles doivent pouvoir décider pour elles-mêmes si elles veulent des enfants, avec qui et quand », estime-t-elle. « L’immense vide que créera le retrait du financement des États-Unis ne peut être comblé que par une réaction robuste des gouvernements, des organisations de coopération et des donateurs individuels » a-t-elle rajouté.

    Parallèlement, les Affaires étrangères belges rapportent que « le vice-Premier ministre belge Alexander De Croo a annoncé que la Belgique organisera une conférence internationale à Bruxelles au printemps. L'objectif est de rassembler des pays, organisations et entreprises privées qui partagent la même vision et qui soutiennent l'Initiative globale de collecte de fonds She Decides », indiquent les Affaires étrangères.

    Source : Le Monde, The Washington Post, Site Affaires étrangères Belgique.


    Voir aussi Opinion dans LaLibre.be : Pourquoi dépenser 10 millions d’euros pour contrer le décret américain sur l'avortement ?